DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE

"Toussiana Cajou"

I. Le constat

Le village de Wempéa 2 est rattaché à la commune de Toussiana, située à 60 km au sud de Bobo-Dioulasso. Depuis plusieurs générations, des plantations d’anacardiers (arbre dont le fruit donne la noix de cajou) sont présents sur le territoire de ce village et de ses environs. L’extraction des amandes est très peu réalisée au Burkina Faso; ce sont les collecteurs des sociétés indiennes qui  viennent acheter la récolte aux paysans, à un prix très bas, et l’expédient en Inde. Les paysans possèdent donc un produit intéressant, mais n’en retirent aucune valeur ajoutée. Leurs conditions de vie au village de Wempéa 2 sont extrêmement précaires.


Le village de Wempéa 2

La noix de cajou : La noix de cajou est le fruit de l'anacardier (Anacardium occidentale), dont l’amande comestible constitue le principal produit utilisé de cette plante. Elle se développe, en premier, à l'extrémité d'un pédoncule juteux comestible, qui est un faux fruit appelé « pomme de cajou ».


Pommes  et noix de cajou

La coque de la noix est composée de deux coquilles, l'une à l'extérieur de couleur verte et fine, l'autre interne de couleur brune et dure, séparées par une structure à cavités qui contient une résine phénolique caustique constituée de 90% d'acide anacardique et 10% de cardol appelée baume de cajou. Au centre de la noix, se trouve une seule amande en forme de demi-lune d'environ trois centimètres, entourée d'une pellicule blanche. Elle deviendra, après avoir été grillée et salée, la « noix de cajou » commercialisée.

Le traitement des noix de cajou : Le processus permettant d'obtenir la noix de cajou grillée, suit sensiblement les étapes suivantes:

  1. Après récolte manuelle, les noix brutes sont étalées et séchées au soleil environ une semaine. Elles doivent être régulièrement remuées pour que le séchage soit uniforme.
  2. Les coques sont ensuite ramollies dans un bain de vapeur à une température de 100°C, puis rendues cassantes par un passage dans un torréfacteur.
  3. Les noix peuvent, après refroidissement, être décortiquées grâce à une presse manuelle, pour ne pas abîmer les amandes. Ces dernières sont ensuite débarrassées de la pellicule blanche qui y adhère et calibrées.
  4. Les amandes sont ensuite grillées une première fois, puis arrosées d'un mélange d'eau, de sel, de gomme d'acacia et grillées une nouvelle fois pour éliminer toute trace d'humidité qui pourrait nuire à leur conservation.
  5. En phase finale, vient le conditionnement en emballages sous vide. (pour en savoir plus, voir "la fabrication des noix de cajou" dans la rubrique "découvrir" sur la page d'accueil.)

II. Le projet :

  • Faire se fédérer en groupement coopératif les paysans producteurs des cinq villages voisins.
  • Créer une petite entreprise de transformation des noix en amandes. Cette entreprise achèterait la production locale à un tarif équitable (tarif supérieur  à celui imposé par les Indiens) et permettrait de créer des emplois pendant la saison de production, de la mi-mars à la fin octobre. Les amandes labellisées « bio » pourraient alors être revendues avec une valeur ajoutée intéressante.

Ce projet nous a séduits dans son ensemble, de par l’intérêt collectif qu’il présente : il met en scène plusieurs villages, il permet de créer des emplois, il offre à de nombreuses familles, une amélioration sensible des conditions de vie. Il ne s’agit en aucun cas d’assistanat, mais d’une aide au développement, grâce à laquelle les paysans burkinabés concernés pourront, après la phase d’encadrement de départ, se gérer de manière autonome.

III. Mise en œuvre du projet :

Les moyens existants : La matière première existe en très grande quantité sur place (près de 100 ha sont plantés en anacardiers  sur les cinq villages, avec 200 arbres à l’hectare, chaque hectare produisant entre 700 kg et 2 tonnes de noix par an.). Cette matière première est de qualité excellente, sans traitements chimiques ; les sols n’ont jamais reçu de pesticides.
La main d’œuvre est présente sur place.
Les producteurs sont d’accord pour se fédérer en groupement coopératif.
Cinq paysans locaux ont décidé de s’associer pour créer une société nommée « Toussiana Cajou » destinée à effectuer la transformation des noix. L’association Kan Kélé apporterait sa contribution à hauteur de 1/3 dans la création du capital de la société.

Les moyens matériels à pourvoir : L’association Kan kélé  a avancé le montant de la construction d’un premier bâtiment, sous forme de prêt à taux 0 remboursable sur cinq ans. Le matériel nécessaire au démarrage de la société est le suivant :

  • Une chaudière à vapeur,
  • Quatre presses manuelles à décortiquer,
  • Des tables et bancs de travail
  • Un lot de petit matériel (pelles, bassines, bidons, seaux, couteaux etc…)

Il a été acheté par l’association Kan Kélé, qui  le laisse à disposition de la société «Toussiana Cajou», à titre gracieux pendant cinq ans; l’entretien reste à la charge de la dite société. Au bout des cinq ans, la société « Toussiana Cajou » pourra racheter le matériel à 20% de sa valeur initiale.
En contrepartie de l’aide apportée par l’association Kan Kélé,  la société « Toussiana Cajou » s’engage à assurer la formation des employés et leur alphabétisation.

Suivi et évaluation : Des échanges réguliers permettront de suivre l’avancement du projet et chaque année, une assemblée sera tenue sur place, réunissant les représentants de la société « Toussiana Cajou », les producteurs regroupés en coopérative et des membres de l’association Kan Kélé. Elle permettra de vérifier la tenue des engagements, les comptes de la société « Toussiana Cajou », la bonne évolution du projet.

IV. Réalisation du projet :

  • En janvier 2009 : la construction d’un bâtiment a été réalisée, le terrain a été entièrement clos, le matériel a été acheté. La récolte des noix a débuté au mois de mars et la production d'amandes est en cours. Un premier bilan sera réalisé en début d'année 2010.

Le séchoir solaire

V. Bilan du projet

Janvier 2010 : Après un an d'existence, un premier bilan a pu être dressé. Il est positif : 10 femmes ont pu être embauchées et l'entreprise est bénéficiaire, ce qui a permis à l'entreprise "Toussiana Cajou" d'effectuer sa première tranche de remboursement à Kan Kélé et d'augmenter le salaire des femmes.  L'association kan kélé continue son soutien à l'entreprise pour consolider le secteur des ventes. Un nouveau bilan sera établi début 2011.

Janvier 2011 : Le bilan reste positif, une onzième femme a été embauchée et une petite augmentation a été acceptée pour les ouvrières. La seconde tranche de remboursement a été honorée.

Décembre 2011 : Bilan toujours positif, douze personnes sont embauchées, une petite augmentation de salaire a été acceptée. La troisième tranche de remboursement a été honorée et le bâtiment a été agrandi par un abri.

Décembre 2012 : Le bilan continue à être positif avec l'embauche d'un salarié supplémentaire. La quatrième tranche de remboursement à été honorée.

 

 

 
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